Guide · Fiscalité & démarches
LMNP ou LMP : quelles différences pour une location saisonnière ?
Seuil de 23 000 €, revenus du foyer, déficits, cotisations sociales et plus-value : comment distinguer LMNP et LMP en 2026.
LMNP et LMP sont souvent présentés comme deux statuts entre lesquels un propriétaire pourrait choisir.
En réalité, la qualification dépend de votre situation. Pour être considéré comme loueur en meublé professionnel au sens fiscal, deux conditions doivent être réunies simultanément.
Le seuil de 23 000 € est donc important. Mais il ne suffit pas à lui seul.
Par l’équipe Loomky · Mis à jour le 14 octobre 2026 · 10 min de lecture
En bref
Vous êtes LMP au sens fiscal uniquement si vos recettes annuelles de location meublée dépassent 23 000 € et si elles sont supérieures aux autres revenus d’activité de votre foyer fiscal pris en compte par le CGI.
Si l’une de ces deux conditions n’est pas remplie, vous restez LMNP au sens fiscal.
Autre point essentiel : statut fiscal LMNP/LMP et cotisations sociales sont deux questions distinctes. En location touristique, dépasser 23 000 € de recettes peut entraîner des conséquences sociales même si vous restez LMNP fiscalement.
Que signifient LMNP et LMP ?
LMNP signifie loueur en meublé non professionnel. LMP signifie loueur en meublé professionnel.
Dans les deux cas, les revenus tirés de la location meublée sont imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, ou BIC.
Ce qui change, c’est le caractère professionnel ou non professionnel de l’activité au sens fiscal, avec des conséquences notamment sur les déficits et les plus-values.
Dépasser 23 000 € ne suffit pas
Prenons un premier exemple. Un foyer perçoit 30 000 € de recettes issues de ses locations meublées et 55 000 € d’autres revenus d’activité.
La première condition est remplie puisque les recettes locatives dépassent 23 000 €. En revanche, elles restent inférieures aux autres revenus d’activité. Le foyer reste donc LMNP au sens fiscal.
Prenons maintenant un second cas. Le foyer perçoit 35 000 € de recettes de location meublée et 28 000 € d’autres revenus d’activité.
Cette fois, les recettes dépassent 23 000 € et elles sont supérieures aux autres revenus d’activité retenus pour la comparaison. Les deux conditions sont réunies : le foyer est LMP au sens fiscal.
Exemple A
- Recettes meublées
- 30 000 €
- Autres revenus d’activité
- 55 000 €
LMNP
Exemple B
- Recettes meublées
- 35 000 €
- Autres revenus d’activité
- 28 000 €
LMP
Quels revenus faut-il comparer ?
La seconde condition ne consiste pas à comparer les recettes locatives avec l’ensemble des revenus du foyer.
Sont notamment retenus les revenus relevant des catégories suivantes :
- traitements et salaires
- bénéfices industriels et commerciaux autres que ceux de la location meublée
- bénéfices agricoles
- bénéfices non commerciaux
- revenus des gérants et associés relevant de l’article 62 du CGI
Le BOFiP précise que cette comparaison repose sur les revenus nets des catégories concernées. Les revenus fonciers et les revenus de capitaux mobiliers ne sont pas retenus pour cette comparaison.
Le calcul se fait au niveau du foyer fiscal
Le seuil de 23 000 € ne s’apprécie pas logement par logement.
Les recettes de l’ensemble des locations meublées des membres du foyer fiscal sont additionnées. Un propriétaire qui exploite plusieurs biens doit donc regarder son activité dans son ensemble.
C’est important lorsque le portefeuille grandit. Un logement supplémentaire peut faire franchir le seuil ou modifier le rapport entre recettes locatives et autres revenus d’activité.
Que signifie exactement « recettes » ?
Le seuil de 23 000 € porte sur les recettes annuelles de location meublée, pas sur le bénéfice restant après charges.
Le BOFiP précise que les recettes correspondent au total des loyers acquis, le cas échéant charges comprises. Elles sont appréciées sur l’année civile. Autrement dit :
23 000 € de recettes ne signifie pas 23 000 € de bénéfice imposable.
LMNP/LMP et micro-BIC/réel : deux questions différentes
LMNP ou LMP permet de déterminer le caractère professionnel ou non professionnel de l’activité. Micro-BIC ou régime réel détermine la manière dont le bénéfice imposable est calculé.
Ce sont donc deux classifications différentes. Les seuils, abattements et règles de chaque régime sont détaillés dans notre guide sur la fiscalité de la location saisonnière en 2026.
Quelle différence pour les déficits ?
La différence entre LMNP et LMP devient très concrète lorsqu’une activité génère un déficit.
En LMNP, les déficits issus de la location meublée non professionnelle ne sont pas imputables sur le revenu global. Ils peuvent être reportés pendant 10 ans, mais uniquement sur les revenus provenant d’une activité de location meublée non professionnelle.
En LMP, les déficits provenant de l’activité professionnelle peuvent être déduits du revenu global sans limitation de montant. Si le revenu global de l’année ne suffit pas à absorber le déficit, le reliquat peut être reporté pendant 6 ans.
Cette distinction peut avoir des conséquences importantes. Elle ne suffit toutefois pas, à elle seule, à déterminer quel statut serait “meilleur”, puisque les règles sociales et celles applicables à la revente doivent également être prises en compte.
Et les amortissements ?
Le régime réel permet, sous conditions, de tenir compte d’amortissements dans le calcul du résultat fiscal.
Le sujet devient vite technique. Il dépend notamment du régime d’imposition choisi et peut avoir des conséquences lors de la revente.
→ Lire le guide fiscalité de la location saisonnière en 2026
Quelle différence lors de la revente ?
Le traitement de la plus-value dépend notamment de votre statut au moment de la vente.
Si vous êtes LMNP à la date de la cession, la plus-value relève en principe du régime des plus-values immobilières des particuliers. Pour les cessions réalisées à compter du 15 février 2025, les amortissements pratiqués au régime réel doivent toutefois être réintégrés dans le calcul de la plus-value, sauf exceptions prévues par la loi.
Si vous êtes LMP à la date de la vente, la plus-value relève du régime des plus-values professionnelles.
La différence peut donc devenir importante lors d’un projet de revente.
Tableau LMNP vs LMP
| Point | LMNP | LMP |
|---|---|---|
| Conditions du statut | Au moins une des deux conditions n’est pas remplie | Recettes > 23 000 € et supérieures aux autres revenus d’activité du foyer |
| Qualification appréciée au niveau du foyer | Oui | Oui |
| Revenus de location meublée imposés en BIC | Oui | Oui |
| Déficit imputable sur le revenu global | Non | Oui, selon les règles applicables |
| Report des déficits | Jusqu’à 10 ans sur revenus LMNP | Jusqu’à 6 ans si le déficit global n’est pas absorbé |
| Plus-value à la revente | Régime des particuliers, avec les règles actuelles relatives aux amortissements | Régime des plus-values professionnelles |
| Cotisations sociales | Dépendent des règles sociales, pas du seul statut fiscal | Dépendent des règles sociales, pas du seul statut fiscal |
Conditions du statut
LMNP : Au moins une des deux conditions n’est pas remplie
LMP : Recettes > 23 000 € et supérieures aux autres revenus d’activité du foyer
Qualification appréciée au niveau du foyer
LMNP : Oui
LMP : Oui
Revenus de location meublée imposés en BIC
LMNP : Oui
LMP : Oui
Déficit imputable sur le revenu global
LMNP : Non
LMP : Oui, selon les règles applicables
Report des déficits
LMNP : Jusqu’à 10 ans sur revenus LMNP
LMP : Jusqu’à 6 ans si le déficit global n’est pas absorbé
Plus-value à la revente
LMNP : Régime des particuliers, avec les règles actuelles relatives aux amortissements
LMP : Régime des plus-values professionnelles
Cotisations sociales
LMNP : Dépendent des règles sociales, pas du seul statut fiscal
LMP : Dépendent des règles sociales, pas du seul statut fiscal
Le statut fiscal ne permet donc pas, à lui seul, de déterminer si des cotisations sociales sont dues.
Peut-on choisir de rester LMNP ?
Le statut LMNP ou LMP ne correspond pas à une option choisie librement chaque année.
Si les deux conditions du LMP sont réunies, l’activité est considérée comme professionnelle au sens fiscal. À l’inverse, franchir uniquement le seuil de 23 000 € ne suffit pas pour devenir LMP fiscal.
La qualification résulte donc de la situation réelle du foyer.
Le statut peut-il changer d’une année à l’autre ?
Oui. Les recettes locatives et les autres revenus d’activité peuvent évoluer. Un changement professionnel, une baisse de salaire, l’ajout d’un logement ou une forte progression des réservations peuvent donc modifier votre situation.
Un foyer peut ainsi être LMNP une année et LMP l’année suivante.
Lorsque les recettes s’approchent de 23 000 € ou deviennent proches des autres revenus d’activité, il devient particulièrement utile de refaire le calcul avant la déclaration.
Et si vous êtes non-résident fiscal ?
Les règles ont évolué en 2026.
Pour les contribuables non-résidents, la loi de finances pour 2026 a modifié la manière dont la seconde condition est appréciée. Pour les revenus de 2026, les revenus d’activité de même nature imposés dans l’État de résidence doivent également être pris en compte selon les modalités prévues par le CGI.
Cette situation mérite donc une vérification spécifique.
LMNP, LMP et déclaration de l’activité
Le caractère professionnel ou non professionnel de l’activité ne remplace pas les formalités de déclaration liées à la location meublée. Les démarches administratives constituent une autre intention de recherche.
Et pour une conciergerie ?
Une conciergerie n’a pas vocation à déterminer à la place du propriétaire s’il est LMNP ou LMP.
Elle doit toutefois comprendre les seuils principaux. Deux propriétaires générant le même chiffre d’affaires locatif peuvent avoir un statut fiscal différent si leurs autres revenus d’activité ne sont pas les mêmes.
C’est particulièrement utile lorsqu’un propriétaire développe son portefeuille. Lorsque ses recettes approchent ou dépassent 23 000 €, la situation fiscale et la situation sociale doivent être vérifiées séparément.
La conciergerie peut signaler ce point. Elle ne doit pas le transformer en conseil fiscal personnalisé.
Les erreurs fréquentes
Idée reçue : « Je dépasse 23 000 €, donc je deviens automatiquement LMP »
En réalité, le seuil de 23 000 € ne suffit pas. Les recettes de location meublée doivent également dépasser les autres revenus d’activité du foyer pris en compte par le CGI.
Idée reçue : « Je suis LMNP, donc je ne paie jamais de cotisations sociales »
Le statut fiscal LMNP ne garantit pas l’absence de cotisations sociales. En location touristique, le niveau de recettes peut déclencher des obligations sociales indépendantes de la seconde condition du LMP fiscal.
Idée reçue : « LMNP et micro-BIC, c’est la même chose »
LMNP/LMP concerne la qualification professionnelle de l’activité. Micro-BIC/réel concerne la méthode de calcul du bénéfice imposable.
Idée reçue : « Chaque logement peut avoir son propre statut »
La qualification LMNP/LMP est appréciée au niveau du foyer fiscal en tenant compte de l’ensemble de ses locations meublées.
Idée reçue : « Je peux choisir LMNP ou LMP selon ce qui m’arrange »
La qualification découle des conditions légales et de la situation réelle du foyer. Elle ne constitue pas une option fiscale libre.
Comment vérifier votre situation ?
Trois chiffres suffisent pour commencer.
- Le total annuel des recettes de toutes les locations meublées du foyer.
- Le seuil de 23 000 €.
- Le montant des autres revenus d’activité retenus pour la comparaison.
Si les recettes ne dépassent pas 23 000 €, vous ne remplissez pas les deux conditions du LMP fiscal.
Si elles dépassent 23 000 €, comparez-les avec les autres revenus d’activité concernés. Puis, si vous exploitez une location touristique, vérifiez séparément les règles sociales applicables.
Et Loomky ?
Loomky centralise vos réservations et les revenus issus de vos différents canaux afin de faciliter le suivi opérationnel de votre activité de location courte durée.
Découvrir LoomkyEn résumé
LMNP ou LMP ne se résume pas au seuil de 23 000 €.
Pour être LMP au sens fiscal en 2026, les recettes annuelles de location meublée du foyer doivent dépasser 23 000 € et être supérieures aux autres revenus d’activité retenus pour la comparaison. Si l’une de ces conditions n’est pas remplie, le foyer reste LMNP au sens fiscal.
Cette distinction a des conséquences notamment sur les déficits et le régime de la plus-value lors de la revente. Mais une seconde analyse est nécessaire : les cotisations sociales obéissent à leurs propres règles et ne se déduisent pas automatiquement du statut LMNP ou LMP.
Retenez donc deux questions :
Quel est mon statut fiscal ?
Puis :
Quelles règles sociales s’appliquent à mon activité ?
Questions fréquentes
À partir de quel montant devient-on LMP ?
Le seuil de 23 000 € ne suffit pas à lui seul. Pour devenir LMP au sens fiscal, les recettes annuelles de location meublée du foyer doivent également dépasser les autres revenus d’activité pris en compte pour la comparaison.
Peut-on dépasser 23 000 € et rester LMNP ?
Oui. Si les recettes de location meublée dépassent 23 000 € mais restent inférieures aux autres revenus d’activité concernés du foyer, la seconde condition du LMP n’est pas remplie.
LMNP et micro-BIC, est-ce la même chose ?
Non. LMNP désigne le caractère non professionnel de l’activité de location meublée. Le micro-BIC est un régime de calcul du revenu imposable.
Un LMNP peut-il payer des cotisations sociales ?
Oui. En location meublée touristique, les règles sociales peuvent entraîner le paiement de cotisations lorsque certains seuils sont franchis, même si l’activité reste LMNP au sens fiscal.
Le statut LMNP ou LMP dépend-il de chaque logement ?
Non. La qualification est appréciée au niveau du foyer fiscal et tient compte de l’ensemble de ses locations meublées.
Que deviennent les déficits en LMNP ?
Ils ne sont pas imputables sur le revenu global. Ils peuvent être reportés pendant dix ans sur des revenus provenant d’une activité de location meublée non professionnelle.
Que deviennent les déficits en LMP ?
Les déficits provenant de l’activité professionnelle peuvent être imputés sur le revenu global sans limitation de montant. Si le revenu global ne suffit pas à absorber le déficit, le reliquat peut être reporté pendant six ans.
Quelle différence lors de la revente ?
En LMNP, la plus-value relève en principe du régime des particuliers, avec les règles applicables depuis 2025 sur la réintégration des amortissements pratiqués au réel. En LMP, la plus-value relève du régime des plus-values professionnelles.
Sources officielles
Cet article s’appuie sur les règles fiscales et sociales officielles disponibles en octobre 2026. La situation de chaque foyer peut nécessiter une analyse individuelle.
- - impots.gouv.fr - Les locations meublées (mis à jour le 8 avril 2026)
- - BOFiP - BOI-BIC-CHAMP-40-10, version du 15 avril 2026
- - impots.gouv.fr - Les régimes d'imposition (mis à jour le 8 avril 2026)
- - Service-Public.fr - Doit-on verser des cotisations sociales pour la mise en location d'un meublé ? (vérifié le 20 février 2026)
- - impots.gouv.fr - Je vends un bien immobilier donné en location meublée, comment se calcule la plus-value ? (mis à jour le 10 juillet 2026)
- - BOFiP - Actualité du 15 avril 2026 : contribuables non-résidents (loi de finances pour 2026, art. 53)
Sources vérifiées le 14 octobre 2026.

Comment savoir si vous êtes LMNP ou LMP en 2026 ?
Deux conditions doivent être réunies pour être LMP au sens fiscal.
Si l’une des deux conditions manque, vous êtes LMNP au sens fiscal.
Êtes-vous LMNP ou LMP ?